Luigi Calvetti: «Je ne crois pas à la chance, je crois aux occasions».

EGO LUXEMBOURG

 

Arrivé d’italie au Luxembourg en 1998, Luigi Calvetti décide rapidement d’y construire son avenir. Il se lance dans la bijouterie avant de développer ses activités dans le rachat d’or, puis dans l’or d’investissement. Aujourd’hui à la tête d’une équipe de sept personnes, l’entrepreneur italien défend un modèle familial fondé sur la confiance et la proximité. Après plus de 25 ans d’entrepreneuriat au Luxembourg, Luigi Calvetti revient sur son parcours, les avantages et les contraintes d’une petite structure, sa difficulté à déléguer et son rapport à la croissance.


Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer au Luxembourg?

Luigi Calvetti. – «J’ai aimé tout de suite Luxembourg. J’ai dit: c’est ici que je vais construire mon futur. Je vais avoir ma famille, ma maison, mes enfants. Je venais d’un monde complètement différent. J’avais envie de changer, d’ouvrir mon business commercial, mais pas en Italie. Au début, j’ai commencé avec une petite bijouterie. Quand j’ai ouvert ma société au Luxembourg, je ne connaissais personne. C’était moi et mon cousin, qui était mon associé. Après, lui est parti du Luxembourg et je suis resté dans cette bijouterie au centre-ville. Et là, le commerce a commencé. J’ai commencé à connaître du monde.

Comment votre activité autour de l’or s’est-elle développée?

«J’ai toujours travaillé avec de l’or. J’étais toujours très commercial. J’ai toujours aimé acheter et vendre. J’ai ouvert cette bijouterie. Je suis toujours resté lié à des fabriques italiennes où j’ai commencé à travailler comme grossiste. Dans le même temps, j’ai ouvert un magasin de rachat d’or. C’était une activité toute nouvelle. J’étais là juste pour tester. Après six mois, je me suis rendu compte que c’était un bon business.

Dans une période de deux années, j’ai ouvert cinq magasins pour l’achat d’or. Maintenant, nous avons trois magasins. Dans le même temps, ça fait sept années qu’on a commencé un travail d’investissement en or. Dans le domaine de l’or et des métaux précieux, on vend des lingots d’or et des pièces d’or.

Quelle place la confiance occupe-t-elle dans votre manière de travailler?

«Quand j’ai ouvert cette activité, la première chose que je me suis dite, c’est: il faut la faire bien, comme il faut. La première chose qu’il faut, c’est la transparence. Ça fait beaucoup d’années que je suis commerçant. Avant de faire quelque chose, je me mets toujours du côté du client. Le client arrive, me donne de l’or. Alors, qu’est-ce qu’il sait? C’est important qu’il y ait la balance, qu’il voie les grammes. Les prix sont bien exposés, nous, on les change tous les jours. Il va avoir confiance en moi. Mais ce ne sont pas seulement les mots, ce sont les gestes montrés. On a toujours essayé de faire ça.

Qu’est-ce qu’une petite entreprise vous apporte par rapport à une plus grande structure?

«C’est une famille. C’est magnifique. Quelqu’un qui a 100 personnes qui travaillent pour lui, je me demande toujours: combien il gagne? Ça vaut la peine, tout le travail que tu vas faire, pour gagner combien en plus? Ce n’est pas mieux de travailler un peu moins et de vivre bien? Je me permets de vivre bien. J’ai commencé à zéro et je suis ici, à Luxembourg. Maintenant, je suis content. Je gagne bien ma vie. J’ai une belle famille.

Ma femme et mon frère travaillent avec moi aussi. Après que j’ai commencé, mon frère est entré aussi dans la société. On est en famille. Comme le client doit avoir confiance en nous, moi, je dois avoir confiance dans mes employés. L’un d’entre eux travaille pour moi depuis 15 années. Un autre, ça fait 10 ans. On est en famille.

Avant de faire quelque chose, je me mets toujours du côté du client.

Et quelles sont les difficultés liées à une petite équipe?

«Pour moi, c’est que je travaille trop. Je travaille trop parce qu’il faut déléguer, mais, je n’y arrive pas. J’essaie de faire le plus possible. Mais, comme je vous l’ai dit, j’ai la chance d’avoir mon frère et ma femme avec moi dans le travail. Plus tu travailles, plus il y a de frais. Plus il y a de choses à payer, plus il faut travailler. Si tu arrives dans ce rythme-là, c’est difficile d’arrêter.

Quelle est la chose qu’il faut absolument maîtriser lorsque l’on dirige une petite entreprise?

«La première chose, c’est de comprendre les qualités et les négativités de ceux qui travaillent avec vous. Quand tu es en petite entreprise, la chose très importante, c’est le rapport avec le client. Mais si un de tes employés ne travaille pas bien avec le client, il fait des dégâts. En petite entreprise, c’est ça. C’est voir les personnes. Et c’est très, très difficile de remplacer quelqu’un. J’ai toujours cette sensation de prendre quelqu’un de nouveau. C’est quand même compliqué. Tu es en famille. Et faire entrer quelqu’un dans la famille, c’est difficile.

Avez-vous encore envie de faire grandir Ego Luxembourg?

«J’ai toujours des projets, je vois toujours un peu plus loin. Maintenant, c’est le moment de faire ça. Mais je me bloque toujours un peu. Je suis presque arrivé à 60 ans. Je me dis: où je dois arriver? Grandir, pour faire quoi? Pour faire de l’argent? J’ai deux enfants, un garçon et une fille. Si je dois penser à un futur, pour dire que quelqu’un va reprendre et mettre l’énergie des jeunes pour grandir, pour faire quelque chose de différent, moi, je suis là. Mais faire quelque chose de plus grand pour travailler encore plus, pour gagner plus d’argent, pour avoir plus de prestige, pour dire ‘moi, j’ai 50 employés’ et être un esclave du travail…

Qu’est-ce que la réussite signifie pour vous?

«C’est difficile. Je ne sais pas s’il existe la réussite. Si on arrive à dire: ‘Je suis arrivé à la réussite dans la vie.’ Peut-être que la réussite, c’est être un bon père. Peut-être un bon mari. Peut-être une personne gentille. Mais je ne veux pas trop lier la réussite avec la profession. 

Je crois qu’il y a d’autres choses beaucoup plus difficiles dans la vie que gagner de l’argent.»

magazine Paperjam  OCTOBRE 2026

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